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Motion design et conformité réglementaire : ce que les labos doivent savoir avant de produire une vidéo

  • Photo du rédacteur: Arnaud THET
    Arnaud THET
  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

Produire une vidéo en motion design pour un laboratoire pharmaceutique n'est pas un acte anodin.

Chaque image, chaque affirmation, chaque chiffre engage la responsabilité juridique de l'entreprise.

En France, le cadre réglementaire de la communication médicale est l'un des plus stricts au monde.

Le connaître, c'est éviter des refus de visa, des contentieux coûteux et des retraits de contenus embarrassants.


Le cadre réglementaire de la publicité médicale en France

La publicité pour les médicaments à usage humain est définie par l'article L.5122-1 du Code de la santé publique comme toute forme d'information, de démarchage ou d'incitation visant à promouvoir la prescription, la délivrance, la vente ou la consommation de ces médicaments.

Cette définition est particulièrement large : elle couvre les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, les animations présentées lors de congrès médicaux, les modules e-learning à caractère promotionnel, et même les contenus disponibles sur le site internet d'un laboratoire.

En France, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) exerce un contrôle a priori sur toutes les publicités pour les médicaments, qu'elles soient destinées au grand public ou aux professionnels de santé.

Ce contrôle se traduit par l'obligation d'obtenir un visa de publicité avant toute diffusion.


Le visa de publicité : un préalable incontournable

Le visa PM (Professionnels de santé)

Depuis juin 2012, toute publicité pour un médicament destinée aux professionnels de santé doit obtenir un visa PM (Publicité Médicale) délivré par l'ANSM.

Les industriels déposent leurs dossiers sur quatre périodes de dépôt annuelles.

L'ANSM dispose ensuite de deux mois pour donner sa réponse — en l'absence de réponse au-delà de ce délai, le visa est réputé tacitement accordé.

Sa durée de validité est de deux ans.


Pour les vidéos en motion design, ce visa s'applique dès lors que le contenu a un caractère promotionnel — c'est-à-dire qu'il vise à inciter à la prescription ou à la consommation d'un médicament spécifique.

Il est crucial d'anticiper ce délai dans le planning de production : une vidéo prête techniquement peut devoir attendre plusieurs semaines avant de pouvoir être diffusée légalement.


Le visa GP (Grand Public)

La publicité auprès du grand public est soumise à des restrictions encore plus strictes.

Elle n'est autorisée que pour les médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire et non remboursables par l'assurance maladie.

Pour les médicaments remboursables ou sur ordonnance, toute communication grand public à caractère promotionnel est interdite.

Cette restriction a des implications directes sur les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux : un laboratoire qui produit une vidéo Instagram sur un médicament remboursable doit s'assurer scrupuleusement que le contenu est informationnel et non promotionnel.


Les dispositifs médicaux : un régime distinct

Les dispositifs médicaux sont soumis à un régime réglementaire différent des médicaments, mais tout aussi encadré.

La publicité auprès du grand public est autorisée pour les dispositifs médicaux de classes I et IIa, sans dépôt préalable à l'ANSM.

En revanche, pour les dispositifs médicaux inscrits sur la liste des produits présentant un risque important pour la santé humaine, un contrôle a priori s'applique.

L'autorisation a une durée de validité de 5 ans.


Les exigences de contenu : ce qu'une vidéo médicale doit et ne doit pas dire

Au-delà de l'obligation de visa, le contenu d'une vidéo promotionnelle médicale est soumis à des exigences précises définies par le Code de la santé publique et les recommandations de l'ANSM.


L'obligation de conformité à l'AMM : toute affirmation sur l'efficacité ou la sécurité d'un médicament doit être strictement conforme au Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) validé dans l'Autorisation de Mise sur le Marché. Une vidéo de motion design qui représente visuellement une efficacité ou un mécanisme d'action en dehors des indications de l'AMM constitue une infraction.


L'obligation d'objectivité : la publicité ne doit pas induire en erreur. Elle doit présenter le médicament de façon objective et favoriser son bon usage. Pour les vidéos, cela signifie que les animations ne doivent pas créer d'impression d'efficacité supérieure à celle démontrée dans les essais cliniques.


Les mentions obligatoires : les publicités destinées aux professionnels de santé doivent comporter un ensemble de mentions légales obligatoires (dénomination, composition, indications, contre-indications, mises en garde, conditions de prescription et de délivrance). Pour le format vidéo, ces mentions peuvent être intégrées sous forme d'encart à la fin de la vidéo — un élément que le studio de production doit anticiper dans le design.


L'interdiction de certaines allégations : les références aux ventes ("médicament le plus vendu", "numéro 1 des prescriptions") sont interdites dans les publicités grand public. Les comparaisons implicites ou explicites avec des médicaments concurrents sont fortement encadrées.


La charte pour la communication des produits de santé sur Internet

En novembre 2024, l'ANSM a publié une charte mise à jour pour la communication et la promotion des produits de santé sur Internet et les e-médias.

Cette charte encadre spécifiquement les contenus diffusés sur les sites internet des laboratoires, les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et les applications mobiles.


Pour les vidéos en motion design diffusées sur LinkedIn, YouTube ou Instagram, cette charte impose notamment l'identification claire du caractère promotionnel du contenu, le respect des règles d'accès (certains contenus destinés aux professionnels de santé doivent être protégés derrière un accès réservé), et l'archivage de l'ensemble des contenus diffusés pendant trois ans à compter de leur dernière diffusion.


Pourquoi un studio spécialisé fait la différence ?

La connaissance de ce cadre réglementaire est précisément ce qui différencie un studio spécialisé en communication santé d'un studio généraliste.

Un studio généraliste produira une vidéo visuellement irréprochable mais potentiellement non conforme — avec des représentations qui dépassent les indications de l'AMM, des mentions légales absentes ou des allégations implicitement non conformes.


THETA Santé intègre la dimension réglementaire dès la phase de script : validation des allégations par rapport à l'AMM du produit, anticipation des mentions légales à intégrer dans le design, conseils sur la classification du contenu (promotionnel vs. informationnel), et suivi des boucles de validation avec les équipes médico-réglementaires du client.

Cette expertise représente un gain de temps et une sécurité juridique qui justifient pleinement l'investissement dans un studio spécialisé.


Vous préparez une vidéo promotionnelle pour un médicament ou un dispositif médical et souhaitez vous assurer de sa conformité ?


Contactez THETA Santé sur www.theta-sante.com

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